consultant en exploitation minière artisanale durable pour travailler dans la périphérie de l’Aire de Conservation de Chinko en République Centrafrica

Country
  • Central African Republic
City
  • Chinko/Kocho
Organization
  • African Parks
Type
  • Consultancy
Career Category
  • Program/Project Management
Years of experience
  • 0-2 years
Themes
  • Climate Change and Environment
  • Mine Action

Contexte et Justification

1. L’Aire de Conservation de Chinko

Chinko est une aire protégée située dans l’Est de la Centrafrique. Initialement constituée de quatre zones cynégétiques lors du projet initial de chasse lancé en progressivement dès 2006, Chinko en tant qu’aire de conservation, est incluse dans le portfolio de l’ONG African Parks depuis 2014. African Parks est une organisation sans but lucratif qui accepte l’entière responsabilité de la gestion d’aires protégées dans le cadre de partenariats à long terme avec les gouvernements et les communautés locales. Elle applique les principes de gestion d’entreprise et combine les revenus issus de la valorisation des parcs et ceux de bailleurs de fonds et donateurs afin de parvenir à une autosuffisance financière de chaque site sur le long terme. African Parks vise une viabilité écologique, sociale, et financière afin que les aires protégées contribuent au développement économique et à la réduction de la pauvreté.

Dans l’Est de la Centrafrique, l’équipe de Chinko opère dans un milieu difficile où l’instabilité politique et le conflit déclenché en 2012 a conduit à une insécurité dans les zones rurales qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Néanmoins, grâce à l’appui des partenaires financiers et en particulier des bailleurs institutionnels (Union Européenne et USAID), les activités de lutte anti-braconnage ainsi que la sensibilisation des éleveurs et des communautés riveraines ont permis de préserver une part importante de l’aire protégée de l’entrée incontrôlée de troupeaux de bétail, et de réduire significativement les activités de braconnage. En outre, des activités au bénéfice des communautés sont également mises en œuvre dans les villages de la périphérie de l’aire protégée. En avril 2020, le partenariat avec les autorités centrafricaines a été renouvelé permettant d’étendre la surface couverte par le mandat de gestion de Chinko, en prévoyant des espaces dédiés à la conservation, et d’autres, à une gestion intégrée d’un paysage fonctionnel au sein duquel des activités humaines telles que la transhumance peuvent s’articuler durablement avec la préservation des écosystèmes.

2. Le projet USAID-CBCWT

Le projet Community-Based Counter Wildlife Traficking (CBCWT) est lancé depuis juin 2018 pour 5 ans. Ce projet régional est étendu au Parc National de la Garamba, au Domaine de Chasse de Bili-Uéré en République Démocratique du Congo et à Chinko en Centrafrique. Ce projet financé par l’USAID dont African Parks est chef de file, vise à intervenir auprès des communautés résidantes dans, et à la périphérie des trois aires protégées, pour promouvoir des moyens d’existence et des activités génératrices de revenus conciliables avec la conservation des ressources naturelles. A Chinko, les thématiques ciblées par le projet concernent en premier lieu la pêche, la chasse et l’exploitation minière artisanale.

3. L’exploitation minière artisanale minière en périphérie de l’Aire de Conservation de Chinko

Dans un contexte régional marqué par l’insécurité, causant des déplacements de populations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, les communautés qui jadis vivaient essentiellement des travaux des champs sont aujourd’hui peu enclines à développer et investir sur leurs exploitations agricoles, et se tournent vers l’exploitation des ressources naturelles et minières comme activités pouvant générer des revenus à court terme.

Au cours des dernières années, plusieurs sites miniers ont été recensés à la périphérie de Chinko, et même, à l’intérieur de l’aire protégée ou un site est actuellement exploité par environ 65 mineurs. Les groupes d’orpailleurs effectuent des mouvements pendulaires entre les sites d’extraction souvent situés en pleine zones inhabitées et les villages d’où ils proviennent, parfois situés à plusieurs jours de marche. Pour cette raison et afin de permettre la poursuite de leurs activités d’extraction, les artisans miniers privilégient généralement l’approvisionnement des carrières avec la viande de brousse, plus facile à acheminer que les marchandises déjà difficilement accessibles dans les villages et villes de la région.

La visite récente de 4 sites miniers distincts à l’Ouest de l’aire protégée a fait ressortir que les activités d’orpaillage sont souvent menées en tête de bassins versants dans le lit des ruisseaux à proximité des sources. Par conséquent, l’excès de turbidité résultant de l’excavation des sédiments augmente la chaleur de l’eau, et baisse sa teneur en oxygène, perturbant l’écosystème sur de longues distances en aval du site exploité. Présent mais non systématique, l’usage du mercure est également constaté avec des conséquences néfastes à la fois pour l’environnement et la santé humaine.

L’activité minière se déroule généralement dans une forme anarchique favorisée par la situation de conflit larvé qui perdure dans la région. Dans l’ensemble, les chantiers peuvent être considérés comme illégaux au vue du droit centrafricain, n’étant pratiquement jamais enregistrés auprès des services des mines de l’administration, ces derniers manquant de ressources pour se déplacer dans des endroits dangereux et forts isolés. Certains sites restent en outre sous l’influence de groupes armés qui tirent de cette activité une part importante de leurs revenus.

Au cours des derniers mois, plusieurs missions conjointes menées avec les autorités préfectorales ont permis de visiter plusieurs sites miniers éloignés, de réaffirmer le rôle de l’Etat, et d’engager le dialogue avec les artisans. Ces derniers ont fait part de leur accord pour trouver un terrain d’entente, leur permettant de poursuivre leur activité dans des zones formelles dédiées, d’améliorer leurs conditions de travail, et de mieux respecter l’environnement.

Cette mission s’inscrit donc dans cette dynamique, où sur le terrain, tout reste encore à faire.

Objectif de la prestation

1. Objectif général :

Appuyer l’équipe de Chinko dans la promotion de techniques d’exploitation minière artisanale écologiquement durables et socialement acceptables, ainsi qu’à la formalisation de l’activité.

2. Activités spécifiques :

La prestation devra permettre de réaliser les activités suivantes :

· faire le point avec l’équipe d’African Parks-RCA sur les informations disponibles ou manquantes (gap analysis) sur l’exploitation minière artisanale autour de Chinko ;

· faire des propositions pour collecter les informations importantes manquantes constituant un préalable important au démarrage de l’activité, et le cas échéant, prendre part à la conduite de diagnostics, en commençant par les sites jugés prioritaires par Chinko ;

· en mobilisant son expérience – en particulier en Centrafrique – appuyer l’équipe pour préciser la stratégie pour aborder les questions minières à Chinko en prenant en compte les autres activités menées – notamment l’aménagement du territoire –, le contexte institutionnel – en proposant une répartition claire des responsabilités entre les équipes de l’administration locale et Chinko –, et sécuritaire ;

· faire le lien entre l’équipe de Chinko et les autorités centrafricaines, et contribuer à l’établissement d’un MOU entre ces derniers, afin de pouvoir mener des activités d’accompagnement des mineurs en dehors de l’aire protégée sur des zones identifiées conjointement ;

· appuyer l’équipe dans la définition de l’offre projet : méthode et critère de sélection des bénéficiaires, appuis proposés, contreparties demandées ;

· proposer des canevas de modules pédagogiques et réaliser des formations sur le terrain auprès des artisans miniers afin de promouvoir des techniques d’extraction plus durables, et une gestion socialement acceptable des chantiers ;

· organiser des séances de formation sur l’exploitation minière durable à destination du personnel de Chinko et des autorités préfectorales afin de renforcer les capacités des équipes locales à poursuivre durablement l’activité ;

· accompagner l’équipe dans le choix du matériel (rudimentaire ou spécifique) à mettre à la disposition des artisans.

3. Aire d’étude et lieu de la mission

La prestation se déroulera dans les préfectures du Mbomou, du Haut-Mbomou et de la Haute Kotto. Le consultant sera principalement basé à Chinko, à la station de Kocho avec des missions régulières dans les villes, villages et chantiers de la périphérie de l’aire protégée après vérification systématique du contexte sécuritaire. Si nécessaire, des déplacements sur Bangui peuvent être organisés.

4. Résultats attendus :

Le travail du consultant devra aboutir ou contribuer aux résultats suivants :

1) une dynamique de formalisation d’une exploitation minière artisanale durable autour de Chinko est enclenchée ;

2) un plan d’action finalisé décrivant les activités à déployer sur toute la durée du projet est produit ;

3) des groupes d’exploitants miniers souhaitant collaborer avec Chinko et les autorités locales sont constitués, mobilisés, formés et équippés ;

4) des sites d’exploitation situés en dehors de l’aire protégés sont identifiés conjointement avec les autorités et Chinko – en prenant en compte les orientations de l’activité d’aménagement du territoire – afin d’y promouvoir une exploitation durable ;

5) les capacités des équipes de Chinko et de l’administration dans l’appui à l’exploitation minière artisanale durable sont renforcées.

5. Livrables :

Les livrables prévus dans le cadre de cette prestation sont les suivants :

1) proposition de plan d’action actualisé pour la mise en œuvre de l’activité jusqu’à la fin du projet, prenant en compte les grandes orientations de la stratégie nationale, et adapté au contexte local ;

2) modules de formation et de vulgarisation des bonnes pratiques environnementales et sociales pour une exploitation minière artisanale durable ;

3) rapports de missions de terrain (mission de formation, de diagnostic, etc.).

6. Durée du travail :

La durée prévue de la prestation est de 6 mois. La mission peut être reconduite en fonction des résultats obtenus et des besoins du projet.

7. Profil du Consultant :

· préférence pour un consultant national (une personne) avec une connaissance solide de la région ;

· expérience avérée (au moins 5 ans) dans le domaine de l’appui à l’exploitation minière artisanale durable en Afrique Centrale, de préférence en Centrafrique ;

· expérience dans la gestion de projet en ONG ou en société minière appréciée ;

· expérience de travail dans le contexte d’aire protégée appréciée.

How to apply

L’offre, qui pourra être rédigée en français, inclura les éléments suivants :

· La lettre de candidature ;

· la proposition technique et méthodologique incluant la compréhension des termes de référence – sans les recopier mot pour mot –, une description argumentée de la méthodologie qui pourra être proposée, le CV de l’expert ;

· la proposition financière détaillant les honoraires (sur base mensuelle) ; les transports nationaux, la restauration ainsi que l’hébergement sur le site, de même que les frais d’approche et ceux liés aux missions de terrain seront pris en charge par le projet.

Les offres techniques et financières sont à adresser par email à :

[email protected] et [email protected] au plus tard le 11 Novembre 2020 à 17 heures (GTM+2).

To help us with our recruitment effort, please indicate in your email/cover letter where (ngotenders.net) you saw this job posting.

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